Bien avant la crise sanitaire générée par la Covid-19, la situation du tourisme de masse, notamment au Maroc était un délicat sujet sur lequel il fallait se pencher.

Un excès dans la « consommation touristique » était déjà reconnu avant la pandémie par les gestionnaires en tourisme et subie par les communautés hôtes, le tout se traduisant par une redéfinition du voyage à l’aube de la prochaine saison touristique, l’enjeu véritable, tant touristique que moral, n’est pas de se questionner sur la possibilité de voyager. Il s’agit plutôt de savoir si l’on continuera à voyager comme avant et comment voyager aujourd’hui.

Si le contenu du voyage reste bien le même, c’est la manière de faire du tourisme qui pourrait changer. Saurons-nous adopter une façon de voyager qui soit plus responsable, écologique et humaine, tant pour le bien de la planète que pour les êtres humains qui l’habitent ? Dans la mesure où nous sommes toutes et tous des touristes lorsqu’on voyage, personne n’est exemptée de cette réflexion.

L’activité touristique en dormance

La Covid-19 a modifié et pourrait continuer de modifier les comportements humains. Mais en ce qui concerne les « comportements touristiques », l’industrie vit en ce moment une forme d’hibernation, notamment dans les villes, en raison de la fermeture d’hôtels et de restaurants.

Au cours de 2020, plusieurs destinations ont souffert de l’absence de touristes. Le Maroc n’est pas en reste.

Au-delà de tout besoin économique quantifiable, le tourisme n’est pas une activité exemptée des problématiques sociales. Il est impératif de se questionner quant à la possibilité d’un changement de paradigme dans ces pratiques afin de les réinventer.

Définition du tourisme durable

La notion de tourisme durable a émergé lors du Sommet de la Terre de Rio de 1992.

Au Maroc, le « tourisme durable » est imaginé à différents niveaux. D’abord, il concerne les visiteurs eux-mêmes, incités, par exemple, à laisser une trace de leur passage sur les terres marocaines en plantant des arbres… La politique touristique encourage aussi les populations rurales à proposer des hébergements chez l’habitant afin de faire découvrir leur pays autrement, sur un mode plus raisonné et raisonnable que ce qui se pratique dans les grandes villes. Côté produit, les constructions de nouveaux complexes hôteliers doivent toujours être écologiques. Ils sont ainsi conçus avec des énergies renouvelables et favorisent la permaculture. Le Maroc se veut être une vitrine de développement durable, et montrer l’exemple à tout le pourtour méditerranéen. Mais si cela est valable pour le tourisme, cette volonté s’affiche à tous les secteurs. Pour ses efforts, le Maroc a d’ailleurs été récompensé par le choix de Marrakech pour abriter la COP 22 en 2016…

L’éducation au tourisme

Qu’elles soient économiques, pandémiques ou environnementales, les crises ont le potentiel de nous ramener aux valeurs essentielles, les changements radicaux sont souvent rendus possibles grâce à un choc externe et la Covid-19 est une véritable secousse.

Le Maroc sera toujours une destination plébiscitée par les voyageurs, de part ses paysages et sa culture, c’est le pays de « tous les possibles » et le touriste « responsable » sera d’autant plus apprécié par son implication dans la compréhension des us et coutumes de ses habitants.